Bye Bobo

Hiver 66 — extrait de Basketball Diaries

Un type, avec qui je jouais au basket il y a des années, au club de la 29e Rue Est en catégorie minimes, m’a raconté que mon vieux copain Herbie était en taule pour meurtre. Il paraît qu’il a balancé un mec d’un toit quand il l’a pris en flagrant délit d’essayer de se tirer avec le pognon qu’il lui avait donné pour aller chercher une grosse quantité de poudre.
« Il trafiquait des quantités assez importantes depuis un moment », m’a dit le mec nonchalamment, « maintenant il est vraiment dans la merde.»
Je lui ai demandé ce qu’étaient devenus les autres, ceux du Boys’ Club de cette époque. Il s’est contenté de marmonner que la plupart étaient accros ou purgeaient une peine à la prison de Riker’s, section des mineurs.
« Et Bobo, qu’est-ce qu’il est devenu ?» j’ai demandé… Je me souvenais de la fois où il m’avait craché dessus du balcon au gymnase. Dès que j’avais pu le prendre par surprise je lui avais cassé une bouteille encore pleine de Pepsi en travers de la tronche.
– Bobo est mort, il a levé la tête, overdose, trois bouteilles de méthadone.
– J’ai jamais pu blairer ce connard, j’ai rigolé. Il m’avait craché dessus un jour.
– Et après tu lui avais cassé la mâchoire avec une bouteille, a dit le mec, en me fixant bizarrement. – Exact… tu te souviens de ça, hein?
– Bobo, c’était mon frère, tu vois, il a dit.

Jim Carroll

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